Pourtant, le cœur de Marmara est la ville d’Istanbul, fondée sur le Bosphore par l’empereur Constantin en 330 sur l’emplacement de la Byzantium antique datant de 700 ans avant J.C. De cette date à 1453, Constantinople, ville principale de la région de Marmara, devient la capitale orientale de l’Empire romain. Après sa chute, le conquérant ottoman Mehmet II en fait sa capitale en remplacement de la cité d’Erdine. Ce n’est qu’en 1923, alors qu’elle est aux mains des Alliés, contrôlant la mer de Marmara, qu’elle devient officiellement Istanbul et perd son rôle de capitale politique au profit d’Ankara, ancrée en Asie. Aujourd’hui, Istanbul est devenu le premier centre économique et culturel de la Turquie. La « Sublime Porte », comme on la nommait en référence à la porte d’honneur du Grand Vizirat de Constantinople, est le port d’accès de la mer de Marmara par le détroit qui la relie à la mer Noire. Habitée par 15 millions de personnes, elle s’est islamisée – dans la mouvance sunnite – au détriment de son patrimoine orthodoxe. La basilique Sainte Sophie est ainsi devenue mosquée lors de l’avènement du sultan Mehmet II au XVème siècle avant qu’Atatürk ne lui octroie la fonction de musée à vocation touristique au XXème siècle. Des restaurations successives ont conduit à la réhabilitation des fresques d’origine. Istanbul s’enorgueillit également d’une université du nom de « Turkish Marmara Üniversitesi » où l’on enseigne l’économie, le droit, le commerce, la médecine et les arts. 52000 étudiants – dont 1300 étrangers – reçoivent une formation en anglais, turc, français et allemand. Sa vocation est de promouvoir le rapprochement des cultures – dans le cadre du programme Erasmus/Socrates – en liaison avec la Commission Européenne. Pour ce faire, l’université Marmara entretient des liens étroits avec les universités Jagellionian de Pologne, Stockholm en Suède, Bologne en Italie, Anvers en Belgique, la faculté de Ratisbonne et l’Institut de Science Politique Johannes Gutenberg de Mayence en Allemagne.
Globalement, la région de Marmara représente 50% de l’activité économique turque bien que reposant sur une superficie minimale par rapport à l’étendue du territoire. Istanbul, premier port de Marmara, est classée trentième ville mondiale en termes économiques et démographiques. Son actualité est de savoir si elle se rattachera (avec la région de Marmara dont elle est le phare) aux structures de la communauté européenne ou si elle deviendra le pôle moteur d’un Orient tourné vers l’Occident tout en conservant ses racines ancestrales. Le tourisme encore embryonnaire dans les provinces de Marmara comparativement à l’ensemble du bassin méditerranéen – et en dépit de la stagnation de l’économie mondiale –, pourrait représenter une base de développement de cette région de Marmara comprise entre modernité et traditions.
Au nord de la mer de Marmara, à proximité de la rive asiatique, on découvre un archipel de 9 îles – dont 3 principales – ayant abrité des communautés religieuses, ce pourquoi on les surnomme « îles des prêtres ». L’implantation de ces congrégations remonte essentiellement à l’époque de Byzance. Après avoir servi de résidence aux princes et divers hauts personnages – souvent éloignés du pouvoir par cet exil doré en mer de Marmara, ces îles sont de nos jours réservées à une clientèle de luxe pratiquant un tourisme discret à la recherche de sites calmes et protégés de l’affluence. Les véhicules à moteur y sont interdits et l’on ne se déplace qu’en calèche et à bicyclette. L’île de Büjük Ada a conservé une ambiance « Belle Époque » grâce à ses demeures en bois aux balcons décorés dans le style Art Nouveau. La population – très aisée – se compose de résidents appartenant aux 3 religions monothéistes qui cohabitent sans difficulté. Ainsi, chaque année, le 23 avril, c’est toute la population qui se retrouve au monastère Saint Georges pour célébrer la fête pèlerinage. L’île se visite grâce à un réseau de promenades desservant les plus beaux sites, fort nombreux. Un chemin parcourt l’île sur tout son périmètre.
La plus grande île de la mer de Marmara, dont le nom actuel est île de Marmara, est l’ancienne Proconnèse – qui signifierait île aux chevreuils en grec ancien. Elle était célèbre dans l’Antiquité pour ses carrières de marbre d’où l’on extrayait le matériau à partir duquel la plus grande partie de Constantinople – alors capitale de l’Empire byzantin – a été construite. De Proconnèse, le monde romain tardif importait les sarcophages en pierre de Marmara, façonnés sur place. Situées dans la partie ouest de la mer de Marmara, les côtes de l’île de Marmara sont proches de la cité de Cyzique, en Asie Mineure. Par extension et en raison de leur proximité avec le continent, on considère que les îles de Bozcaada et Gokceada (encore appelée Imroz) appartiennent à la région de Marmara, bien que situées en mer Égée et non, à proprement parler, sur la mer de Marmara.

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