À l'époque des premiers départs, les distances sont importantes et les modes de transport peu fiables. Dès lors les gens qui veulent partir ont l'impression d'une véritable séparation. La citation « partir, c'est mourir un peu…mais mourir, c'est partir beaucoup » (Alphonse Allais) en rend bien l'idée.
Partir en train représente alors un défi pour les voyageurs puisque jusqu'au début du XIXe siècle, les wagons étaient tirés par des chevaux. Le transport de voyageurs voit le jour grâce à la « Rocket » de Georges Stephenson en 1829. Munie d'une chaudière, celle-ci est utilisée entre Manchester et Liverpool. Elle est capable de dépasser la vitesse de 20 km/h en régime normal et atteint 46 km/h en vitesse de pointe. Sur les traces de Stephenson, Marc Seguin met fin à la traction animale des locomotives en France. Il améliore la propulsion à vapeur en équipant le modèle britannique de son propre modèle de chaudière à vapeur et en introduisant le « tirage forcé ». Les tentatives françaises inspirent les Américains. Le train s'implante progressivement mais ce n'est qu'à partir de 1830 que les premières machines de construction américaine apparaissent. Ceux-ci dotent la Rocket de deux motrices supplémentaires. Cependant, les départs à bord de ces nouveaux trains restent nationaux.
L'avion lui aussi connaît de nombreuses transformations techniques. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, les départs sont encore peu nombreux. Ils se font en général, à bord du Biplan, puis progressivement à bord de trimoteurs comme le Douglas DC-3 qui transporte jusqu'à 21 personnes à plus de 300 km/h. En 1938, le Boeing 707 marque l'introduction de l'avion pressurisé. Au milieu des années 1960, apparaît le premier long courrier qui permet à 500 voyageurs de partir. L'avion offre une alternative nouvelle au train : en effet, il n'effectue pas seulement des liaisons « intérieures », comme c'est longtemps le cas pour le train, mais offre très rapidement des liaisons au sein de l'Europe et même vers l'Afrique. Partir devient alors l'occasion d'aller toujours plus loin.
Les premiers départs en automobile s'inspirent fortement du train. La première automobile transporte douze personnes et atteint une vitesse de pointe de 40 km/h en 1878. Quatre ans plus tard, un modèle plus rapide voit le jour : une automobile à six places dont la vitesse peut atteindre 53 km/h. Cependant, partir en voiture reste très rare car elle reste encore un objet de luxe. Ce n'est qu'au moment des premières courses automobiles qu'elle est plus utilisée. La course Paris-Madrid permet en effet d'expérimenter le moteur électrique avec lequel la voiture peut dorénavant atteindre les 100 km/h. Ce type de moteur n'est pas démocratisé car encore trop dangereux. C'est le moteur à pétrole qui est retenu. Peu à peu le « taylorisme » ou « travail à la chaîne » donne naissance aux ouvriers spécialisés. Ainsi au début du XXe siècle, le nombre de voitures devient plus important. Elle vient compléter l'usage du train et pallie le manque de voies de chemin de fer. Ce faisant, elle permet de partir vers des endroits mal ou non encore desservis. La voiture joue un rôle de plus en plus important durant les deux guerres mondiales.
Le bateau existe depuis la Préhistoire. Mais il est mis en valeur quand les colons décident de partir à la découverte de nouvelles contrées. Le départ des marins est alors vécu comme une séparation. C'est que les voyages en mer peuvent durer plusieurs mois. De plus, les équipages sont en général décimés par la présence de maladies parfois inconnues. Comment ne pas citer le départ de Christophe Colomb avec son équipage à bord de la Pinta, de la Niña et la Santa Maria. Le paquebot, quant à lui, apparaît au XVIIe siècle. Il a pour fonction de transporter le courrier d'un port à l'autre. Peu à peu, il tend à désigner un bateau de grande taille plutôt luxueux. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, les paquebots transatlantiques ont pour vocation le transport des émigrants. L'histoire du Titanic retrace le départ de plusieurs émigrants irlandais pour les États-Unis jusqu'au naufrage du 14 avril 1912. Il offre l'une des premières croisières touristique sur l'océan Atlantique. Celui-ci peut transporter jusqu'à 953 passagers. Partir, c'est alors vouloir découvrir un nouveau monde. Pourtant, le premier « voyage d'agrément » sur la Méditerranée est l'initiative de l'Allemand Balin en 1891. Il espère ainsi continuer à utiliser ses navires en hiver.
Partir à bicyclette obéit à d'autres besoins. Après avoir connu de nombreuses transformations, la bicyclette est introduite en France par Pierre Michaux. Il fabrique les premiers « vélocipèdes », inspirés par les précédents modèles britanniques. Si ce modèle rencontre ses premiers succès dès 1867, il sera perfectionné pour donner naissance au modèle de la « bicyclette de sécurité » imaginé par John K. Starley. Ce dernier modèle est l'ancêtre directe de la bicyclette actuelle. Partir à bicyclette est synonyme d'autonomie. Celle-ci permet notamment aux femmes de trouver une nouvelle forme de liberté : elles peuvent se déplacer plus facilement et la tenue à laquelle elles doivent s'accoutumer les libère progressivement du corset. Dans les pays d'Asie, la bicyclette procure aux ouvriers la possibilité de partir en déplacements durant la journée entre leur lieu de travail et leur lieu d'habitation. Cette mobilité a également fait ses preuves pendant la Grande Guerre où les militaires utilisent déjà des vélos pliants. Un autre de ces atouts réside dans le fait qu'elle ne pollue pas. En cela elle est une alternative utile à la voiture ou aux chevaux selon la région géographique dans laquelle on se trouve.
La « bicyclette de sécurité » qui apparaît en 1890, permet à ce moyen de locomotion de touché un plus large public. Précurseur des modèles « actuels », celle-ci est produite en grande quantité. Son prix devenant accessible aux classes les plus modestes, l'usage de la bicyclette connaît une importante modification : celle-ci est utilisée pour les loisirs et le sport. C'est ainsi que le premier tour de France a lieu en 1903. Mais ce n'est qu'en 1930 que les vélos à plusieurs vitesses apparaissent. Dès lors le vélo permet de partir sillonner la France tout en se déplaçant librement. Il se dote d'un premier intérêt touristique. Pourtant, ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale qu'il devient un objet de jeu pour les enfants et perd son intérêt purement utilitaire. Quelques années plus tard, les gens partent à bicyclette pour faire des randonnées. Il est l'occasion de prendre son temps pour découvrir une région ou pour rencontrer d'autres personnes. On comprend facilement que partir à vélo participe au développement de nouveaux contacts sociaux.
À la fin du XIXe siècle, la motocyclette existe, mais nécessite encore de trop nombreuses réparations mécaniques. Ce n'est qu'à la faveur de mai 1968 et des années 1970, que la moto connaît une renaissance. Loin de passer pour un véhicule sale, peu confortable voire dangereux, elle devient synonyme de liberté et d'indépendance. Face à la démocratisation de la voiture, les japonais font de la moto un moyen de transport plus facile à utiliser et plus propre. Les deux chocs pétroliers font de la moto le signe d'une certaine aisance sociale puisque que pétrole subit une forte hausse à cette période. Partir à moto allie deux avantages : la mobilité commune au vélo et une propulsion motorisée offrant un confort supplémentaire par rapport au vélo. Cependant, pour se maintenir, ce mode de transport va devoir relever de nouveaux défis.
Dans les années 1920, l'avion, qui procède aux premiers transports de passagers, porte atteinte à l'essor des départs en bateaux. En effet, le voyageur délaisse le bateau au profit de l'avion permet d'aller plus loin et pour un temps de parcours moins long. Le trafic maritime doit alors s'adapter. Celui-ci propose une nouvelle manière de partir : les croisières. Les croisières mêlent tout à la fois un moyen de transport, des activités et quelquefois des escales. Cet office est d'abord rempli par d'anciens paquebots. Les croisières permettent aux voyageurs de partir pour une durée variable allant d'une semaine à un peu plus de quinze jours. Il est dès lors possible de partir loin, en Egypte par exemple, sans pour autant partir trop longtemps. Grâce à ce nouveau type de voyages, le trafic maritime parvient à toucher un public plus large. Les anciens paquebots peuvent dorénavant sortir été comme hiver ce qui leur permet de rester rentables pour leur propriétaire. Malheureusement, les anciens paquebots ne sont plus rentables lorsque les croisières prennent de l'essor. Ils disparaissent alors peu à peu pour laisser la place à des navires construits à cet effet.

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