au retour de son dernier voyage en France et en Italie. C'est un recueil de descriptions plaisantes ou tristes, de réflexions originales ou prétendant l'être, de digressions, d'anecdotes, de sensations, se succédant au hasard du caprice de l'auteur qui s'évertue d'un bout à l'autre à exciter chez son lecteur, brusquement et sans transition, le rire et les larmes. Sterne s'y montre encore plus parfait écrivain que dans Tristram Shandy, et quoique nombre de ses plus heureuses expressions soient es réminiscences ou des plagiats, il les incorpore si intimement à son propre style qu'on ne lui en veut pas d'avoir pris sans scrupule sont bien où il le trouvait. Le voyage sentimental eut, dès son apparition, le plus grand succès.
Le premier volume, rédigé à la suite d'un premier voyage en Grèce exécuté en 1776, en compagnie de l'abbé Barthélemy, de Delille, de d'Ansse de Villoison, est l'œuvre d'un jeune homme aussi plein d'imagination que de savoir, sur lequel l'auteur du Voyage du jeune Anarchasis a exercé une grande influence. On en lit encore avec intérêt le discours préliminaire, dans lequel Choiseul-Gouffier s'indigne de la servitude des Grecs modernes. Le tome II, rédigé à la suite de nouvelles études personnelles et d'investigations exécutées à ses frais jusqu'en Syrie et en Egypte, est d'allure beaucoup plus critique et scientifique. Il en est de même du troisième volume, achevé après sa mort par les érudits Barbié du Bocage et Letronne.
C'est le récit du voyage que fit l'auteur dans les « solitudes américaines » en 1791. Il avait alors eu l'idée de chercher le passage, découvert depuis, qui fait communiquer la mer de Béring, dans le Pacifique, et la baie d'Hudson, dans l'Atlantique. Il y renonça une fois rendu en Amérique, et voyagea en curieux et en poète, épris de cette nature sauvage. Parti de Saint-Malo le 8 avril 1791, il rentra au Havre le 2 janvier 1792. Il a joint à la narration de son voyage des détails nombreux et de pittoresques descriptions sur les usages, la flore et la faune de ces pays. Bédier a soutenu que Chateaubriand n'avait jamais fait le voyage en Amérique, attendu qu'entre les deux dates extrêmes de son départ et de son retour il serait impossible qu'il eût le temps de voir tout ce qu'il dit avoir vu. Ses descriptions seraient toutes entières composées d'après d'autres voyageurs. Ce qu'on peut seulement affirmer, c'est que Chateaubriand a fait des emprunts nombreux à des voyageurs tels que les P.de Charlevoix, W. Bartram, ou Carver.
Le libretto est amusant et spirituel. Pompery a deux filles, dont l’une, pendant un voyage à Naples, a été fiancée par sa tante à un officier de marine. Or, Pompery, refuse absolument de donner la main de sa fille à l’officier, Henri de Kernoisan. A la suite de diverses péripéties, celui-ci prend la résolution d’enlever Melle Pompery, qu’il a suivie ainsi que sa famille à Cherbourg. En ce moment, il reçoit l’ordre de s’embarquer dans les deux heures pour la chine. Au troisième acte, on est en mer. Pompery a voulu faire visiter à sa famille un navire, dont le capitaine, ami de Kernoisan, a consenti à céder prendant quelques heure le commandement à ce dernier. Tout à coup, Pompery voit apparaître Kernoisan qui lui dit : « prenez-moi pour gendre ou je vous emmène en Chine.- jamais » répond Pompery, qui essaie de faire révolter l’équipage. Kernoisan apparaît, comprime la prétendue révolte et ordonne d’en pendre l’instigateur et ses complices. Amené la corde au cou, Pompery s’empresse de consentir à donner sa fille à l’entêté capitaine, et le navire, qui n’avait point quitté les côtes de Cherbourg, rentre au port. La partition de Bazin est écrite avec beaucoup de soin et d’agrément.
Il parut d’abord sous le titre plus voyant de Tra los montes. C’est le récit d’un voyage accompli par l’auteur en 1840. L’écrivain a parcouru toute l’Espagne de la Bidassoa aux bouches de l’Ebre, en passant par Valladolid, Madrid, Séville, Cordoue et Grenade. Il l’a vue en peintre et en poète, tout aux impressions d’art et aux souvenirs littéraires. Il a décrit avec de vives couleurs et un saisissant relief les vieilles cités castillanes et andalouses, les majestueuses cathédrales, les palais magnifiques, les couvents mystérieux, tous ces spectacles grandioses, tragiques et voluptueux que l’imagination romantique se plaisait à évoquer dans la patrie de don Paez. L’Espagne du Sud surtout l’a ravi, avec son ciel éclatant, sa sierra sauvage, ses senteurs africaines, ses fantastiques décors de l’Alhambra et du Généralife.
Ce volume est le fuit de nombreuses excursions en Suisse, de l’auteur. Pendant plusieurs années, Toepffer guida ses élèves à travers les divers cantons de sa pittoresque patrie. Rentré, l’hiver, à Genève, il rassemblait ses notes, écrivait les récits de ses excursions, et quelques fois les illustrait. Les voyages en zigzag sont remplis de cet humour que Toepffer a su répandre dans tous ses ouvrages, écrits avec un naturel exquis et dans ce style original qui lui était habituel. Toepffer y montre de l’esprit, et surtout du cœur, un sentiment profond de l’excellence des charmes de la nature. Non moins remarquable dessinateur qu’écrivain distingué, il achève avec le crayon les descriptions entreprises avec la plume.
Monsieur Perrichon, carrossier retiré des affaires et un peu parent de Joseph Prudhomme, entreprend avec sa femme et sa fille un voyage « au sein de la pittoresque Helvétie ». Ils partent escortés d’Armand et de Daniel, des amis épris tous deux de Melle Perrichon qui a failli détester ce témoin de sa maladresse. Daniel, plus adroit, se fait sauver par Perrichon, et celui-ci l’adore, ne peut plus se passer de lui, tant il a plaisir à contempler le témoin vivant de sa haute valeur. Daniel l’emporterait, si Perrichon n’apprenait qu’il a été le jouet d’une ruse de l’astucieux jeune homme. C’est donc Armand qu’il choit pour gendre. L’humour et la verve ne tarissent pas dans cette pièce charmante, où l’on a pu remarquer en outre une idée de haute comédie, mise en valeur par de très fines observations.

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