Le lac Azueï est le plus grand lac d’Haïti et se situe dans la plaine de Cul-de-Sac à 30 km de la capitale Port-au-Prince, à proximité de Saint-Domingue, qui occupe la partie est de l’île commune aux 2 États. L’eau du lac est salée d’où son nom d’Étang saumâtre. Il s’étend sur 28 km de long sur 10 de large. Sa profondeur n’est que de 5 m et il est bordé de massifs montagneux au nord et au sud. Le poisson tilapia était la base de la nourriture des habitants – parmi les plus pauvres du monde – des rives de l’Azueï jusqu’à épuisement de cette ressource naturelle. Actuellement, le projet « tilapia en cages » tente un repeuplement à partir de fermes piscicoles élevant des alevins pendant 2 mois avant que les poissons soient confiés aux paysans qui les mènent en 4 mois à l’âge adulte. L’ensemencement, grâce à ces écloseries, touche aussi les lacs de Péligre et de Miragoane. La faune d’Azueï est riche en caïmans, tortues, iguanes, flamants, lézards anolis à queue blanche et canards. Ce potentiel touristique n’est pas encore exploité et la population, créole à 98 %, pratiquant le catholicisme et le vaudou, survit dans des masures de torchis, au bord du lac, de maigres élevages de chèvres. Les Haïtiens, ruraux pour les 3/4, s’expriment en créole et constituent même plus de 80% de l’ensemble des créolophones du monde (Réunionnais, Antillais, Mauriciens, Seychellois inclus). De l’époque de la colonisation napoléonienne, restent les patronymes à consonance française et la langue parlée par une élite.