L’Ienisseï est un fleuve du centre de la Russie. D’une longueur totale de 4 090 km, il prend sa source dans les monts Saïan à proximité de la frontière Mongole. Formé par la confluence du Grand Ienisseï (Bii-Khem) et du Petit Ienisseï (Ka-Khem), le fleuve traverse la République de Touva, Etat indépendant depuis 1921, et franchit les monts Saïan dans la gorge encaissée de Kemchik. Comme tous les fleuves qui traversent la Sibérie, l’Ienisseï coule vers le nord, en direction de l’Océan Arctique. Pris par les glaces une partie de l’année, l’Ienisseï est navigable jusqu’à Minoussinsk sur une longueur de 2 900 km. Il reste l’une des principales voies d’entrée à l’intérieur de la Sibérie. Son principal affluent est l’Ankara, un bras du lac Baïkal, qui réduit alors le débit de 3 350 m3/s à 300 m3/s. Le fleuve s’élargit ensuite pour se resserrer brutalement au niveau de Goltchicka et s’ouvrir à nouveau pour former la baie de l’Ienisseï avant de se jeter dans l’Océan Arctique. Le réchauffement climatique n’est pas sans incidence sur les régions de la Sibérie et sur le régime des cours d’eau, celui de l’Ienisseï en particulier. Le réchauffement de la Sibérie entraîne l’augmentation de la température du sous-sol habituellement gelé en permanence, ce qu’on appelle le permafrost. La fonte qui en résulte accroît le stock d’eau dans le sol et augmente le volume des eaux souterraines. Le système des régimes s’en trouve transformé par des crues plus importantes pendant la saison d’hiver.