Coulant en grande partie au Turkménistan, l’Amou-Daria est le second fleuve d’Asie Centrale derrière le Syr-Daria. Long de 2 540 km, il ne porte pourtant ce nom que pendant 1 415 km après la rencontre du Vakhch et du Piandj. Considéré comme son cours supérieur, le Piandj prend sa source dans le Pamir afghan à 5 000 mètres d’altitude et dévale les pentes de l’Hindou Kouch. Frontière entre l’Afghanistan et le Tadjikistan, il s’unit au Vakhch qui descend du Pamir-Atlaï culminant à plus de 7 000 mètres. L’Amou-Daria ainsi formé est donc un fleuve puissant quand il pénètre au Turkménistan à Mukry : son débit moyen atteint alors les 2 500 m3/s.C’est aussi à Mukry que débute le canal du Karakoum qui relie l’Amou-Daria à la mer Caspienne : avec 1 375 km, c’est le plus long canal d’irrigation du monde. Mais s’il permet la culture du coton sur des terres incultes, il prive aussi l’Amou-Daria de 20 % de son débit. C’est donc un fleuve amoindri qui traverse le désert turkmène du Karakoum, laissant la prestigieuse Samarcande à 300 km à l’est. Pénétrant enfin en Ouzbékistan, il s’étale alors en un large delta qui s’achève dans la mer d’Aral. Diminué par trop de détournements d’eau, l’Amou-Daria n’apporte malheureusement plus l’eau nécessaire à cette mer intérieure dont la situation est dramatique : si rien n’est rapidement fait, la mer d’Aral sera bientôt définitivement asséchée. Son volume a déjà baissé de 35 % et les habitations autrefois riveraines sont maintenant à 50 km à l’intérieur des terres.