À la fois économique et politique, la construction du Barrage d’Assouan, entreprise en 1958 et achevée en 1970, est à la base de l’existence du Lac Nasser, cette vaste étendue d’eau d’une surface totale de 6 216 km2, dont une infime partie se trouve sur le territoire soudanais et qui porte le nom de Lac de Nubie. Chaque année, la crue du fleuve provoquait des inondations qui anéantissaient les cultures de la vallée du Nil. C’est la raison pour laquelle le président égyptien Gamal Abdel Nasser a décidé de mettre en œuvre ce chantier. Sa réalisation a permis d’améliorer l’irrigation des cultures, la navigation sur le fleuve et de produire de l’électricité.Mais cette construction ne s’est pas faite sans douleur pour le peuple nubien habitant au nord du Soudan. Ce sont 100 000 personnes qui ont été déplacées et qui n’ont pas trouvé ailleurs les conditions de vie promises. D’autre part, de nombreuses œuvres antiques de valeur ont été enfouies par les eaux et c’est l’UNESCO lui-même qui a entrepris de sauver le temple nubien d’Abou Simbel. Il n’en demeure pas moins que l’Egypte est ressortie grandie de cette réalisation. Ce lac a également permis le développement de la pêche, surtout par l’introduction de la perche du Nil, un poisson pouvant mesurer jusqu’à deux mètres de long. Son introduction dans le Lac Victoria avait provoqué la disparition de centaines d’espèces de cichlidés, ce qui est une menace pour la biodiversité. L’aspect prolifique l’a toutefois emporté sur la raison.