Le Turia est un fleuve d’Espagne qui prend sa source dans la Sierra de Albarracίn. D’abord nommé Guadalviar par les Maures — ce qui signifie « eau pure » — il conserve ce nom jusqu’à sa confluence avec l’Alfambra, dans la ville de Teruel où, jusque là, sa température et sa pureté effectivement idéales sont propices au développement de la truite. Il se gonfle alors des eaux de l’Alfambra, l’un de ses principaux affluents et prend définitivement le nom de Turia. Parvenu dans le Rincόn de Ademuz, dans la Communauté de Valence dont il partage le territoire, il reçoit l’assaut de véritables torrents. Le lit sinueux du fleuve, encastré dans de profonds ravins, y rend très délicate l’utilisation de ses ressources. Cependant, grâce au canal Campo de Turia, ses eaux sont utilisées pour l'irrigation des zones agricoles. Pénétrant la province de Valence, il en traverse la capitale et se perd dans la Mer Méditerranée, après une course de 280 km. En 1957, Valence a connu une dramatique inondation due à la crue du fleuve, causant la mort de 80 personnes. Suite à ce tragique accident, son cours a été dévié et l’on trouve aujourd’hui, à sa place, des jardins, une station de métro et la Cité des arts et des sciences. Cette région pourrait devenir un des plus grands parcs naturels espagnols, englobant les 15 communes que traverse le fleuve Turia. Il y parcourt, en effet, un arrière-pays où foisonnent amandiers, cerisiers en fleurs et oliviers. Quant aux citronniers, palmiers et champs de coton, ils sont là pour nous rappeler la richesse de ces terres du sud baignées d’une éternelle douceur.