L'origine latine du mot vacances permet de distinguer deux sens principaux en français: les vacances représentent dans un premier temps, « la période pendant laquelle les élèves cessent leurs études ». Puis les vacances sont par extension, « les jours où l'on interrompt le travail pour se détendre ». C'est alors que les vacances sont associées à l'idée de détente.
Au XIXe siècle, les vacances représentent le moment pendant lequel les gens les plus aisés n'ont aucune activité. C'est l'introduction puis la démocratisation de plus en plus grande de la voiture à partir des années 1940, qui font des vacances une période de déplacements et parfois même une période propice pour entreprendre des voyages plus ou moins lointains.
Pour les vacances, les gens ont recours à différentes possibilités. Les littoraux vont peu à peu représenter un lieu où passer son temps libre.
Au XIXe siècle, le bord de mer sert encore essentiellement à travailler : il est le lieu de la pêche et du commerce entre différentes régions. Deux causes principales vont les rendre attractifs. Il s'agit en premier lieu de la médecine : elle utilise en effet les bienfaits de l'air marin pour soigner les gens atteints de tuberculose. L'autre facteur réside dans les périples que les Anglais entreprennent lorsqu'ils viennent passer l'hiver sur la Côte d'Azur dans les années 1880. Les littoraux se peuplent non sans laisser voir une certaine hiérarchie. Les stations balnéaires attirent d'avantage les gens aisés. À leurs débuts, elles sont donc des lieux de séjours fréquentés en hiver ou des lieux de soins. Leur essor dans le « tourisme des bains de mer » est dû entre autres à la politique d'aménagement du littoral voulue par Napoléon Bonaparte et à l'expansion du réseau de chemin de fer. C'est ainsi que la première station balnéaire voit le jour entre 1860 et 1864. Le duc de Morny est séduit par la ville de Trouville-sur-Mer. Il y revient et entreprend les travaux de la station balnéaire de Deauville avec le concours du docteur Olliffe, de l'architecte Breney et du banquier Donon. Parce qu'elle se compose de plusieurs villas, d'un hippodrome mais surtout parce qu'une voie de chemin de fer la rend accessible à la noblesse, elle devient très vite un lieu connu pour passer des vacances estivales.
Les stations balnéaires se démocratisent à la faveur de la pollution des villes liée à la seconde révolution industrielle. Celles-ci offrent un cadre plus sein pour passer des vacances, permettent de s'adonner aux bains de mer et offrent des distractions comme les casinos. Parallèlement, les séjours étant limités dans le temps, les vacanciers choisissent les commodités de l'hôtel pour se loger : ceux-ci allient en effet une flexibilité assez importante (choix du nombre de nuits, formule en demi-pension ou en pension complète) à une qualité de confort.de plus en plus prononcée (de la chambre d'hôtes à l'hôtel quatre étoiles). Aujourd'hui, les gens décident parfois d'établir leur résidence secondaire en bord de mer afin de jouir d'une plus grande liberté où d'y passer des séjours plus longs.
Une autre manière de passer des vacances consiste à partir à la montagne. Elle offre en effet de grands espaces vierges de toute activité humaine ou presque. De ce fait, elle représente « une réserve de santé » dans l'imaginaire collectif de l'époque.
Si les premiers séjours à la montagne datent du XIXe siècle, ils se déroulent principalement en été. Cependant, dans la même période, le ski évolue : d'abord considéré uniquement comme un moyen de transport dans les pays scandinaves, il apparaît en France grâce à Henri Duhamel en 1878. En 1924, la première Olympiade de Chamonix marque le point de départ du ski comme sport. Le ski comme loisir voit le jour à Morzine. Il faut pourtant attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour qu'il connaisse son véritable essor tandis que se développent les premières stations. Qu'il s'agisse de grandes stations où de « stations-village », elles se multiplient surtout entre 1960 et 1980 dans le cadre de la « rénovation rurale ». Cette action de l'État incite de plus en plus les gens à venir à la montagne profiter des stations de ski.
Durant les vacances d'hiver, le ski se décline sous différentes formes (ski de fond, ski alpin ou encore randonnées à ski) que l'on peut pratiquer en famille ou au sein d'un centre de vacances. Ce type de vacances offre parfois la possibilité de s'initier à d'autres activités qui lui sont associées : la luge, l'alpinisme ou les raquettes. Mais c'est sans doute l'été que la montagne permet le plus d'activités : des activités sportives comme la randonnée, des « circuits nature » tels que la découverte des volcans d'Auvergne, ou bien encore des séjours dans les stations thermales et la visites des lieux de mémoire. La présence des hôtels encourage également la venue de vacanciers dans les stations. Leurs activités représentent une alternative à celles de la montagne en cas de mauvais temps. Les vacanciers trouvent alors une réponse toujours plus variée à leurs envies.
Pour passer leurs vacances entre amis ou en famille, les gens choisissent parfois de se loger dans une auberge de jeunesse. Elle représente en effet, une alternative, moins chère et plus conviviale, à l'hôtel. Leur origine reste cependant incertaine.
Certains pensent en effet que le mouvement des auberges de jeunesse trouve sa source en Angleterre. Sir Georges William souhaite partager des moments de spiritualité en compagnie d'autres jeunes pour oublier les conditions de travail difficiles qu'il a connues. En 1844, il fonde la première « Young Men Christian Associations » (YMCA). L'année suivante, l'expérience s'étend à plusieurs pays : la Suisse, la France, l'Allemagne, l'Inde, les Pays-Bas et l'Amérique du Nord. Une dizaine d'années plus tard, cette pratique acquiert une dimension internationale avec les « alliances mondiale des YMCA » et met en avant les valeurs de « responsabilité de soi » et de « respect de l'autre ».
Selon une autre approche, ce mode d'hébergement vient d'Allemagne et gagne la France dès 1929. Léo Lagrange encourage leur création et participe ainsi au développement des loisirs sportifs. En Allemagne, c'est Richard Schirrmann qui met ce concept au point. Une première étape est franchie tandis qu'il décide de transformer sa salle de classe en dortoir afin d'accueillir les élèves durant les vacances solaires. Mais c'est seulement en 1911 qu'il fonde la première auberge de jeunesse au sein du château d'Altena, en Wesphalie.
L'auberge de jeunesse permet au voyageur de louer une chambre et de bénéficier de repas pendant un court séjour. Cependant, il faut noter un atout non négligeable : que l'on soit en vacances ou simplement en week-end, elle permet, le plus souvent, de pouvoir côtoyer des gens venus de différents pays et favorise les échanges. Par ailleurs, l'auberge propose également des activités variées : il peut s'agir de circuits à bicyclette dans une ville donnée, ou de visites « parcs et jardins ». La Fédération Unie des Auberges de Jeunesse propose également des « formules vacances » qui permettent notamment de pratiquer équitation, randonnée, voile ou bien encore parapente et canoë- kayak. Ces activités varient en fonction de la région ou de la ville dans laquelle se situe l'auberge de jeunesse : c'est que chaque région possède des richesses propices à un certain type d'activités.
La première colonie de vacances est mise en place en 1876 : le pasteur Suisse Walter Bion décide d'accompagner soixante enfants à la campagne pendant deux semaines. Il espère que ces enfants, de faible constitution, profiteront du grand air. C'est qu'il s'agit avant tout de combattre le fléau de la tuberculose. Encadrés par dix instituteurs, ils doivent participer aux tâches ménagères et aider leurs hôtes, mais ils bénéficient surtout d'activités « instructives et sportives ». La formule rencontre un franc succès et le pasteur Bion décide de reconduire l'expérience l'année suivante. Plusieurs pays suivent l'exemple du pasteur suisse et concourent ainsi à l'expansion des colonies de vacances.
Dès 1920, les écoles mettent également en place des colonies de vacances qui sont en général gratuites, mais presque obligatoires et représentent le prolongement de leur enseignement. De plus en plus, les colonies de vacances acceptent l'inscription d'enfants appartenant à la classe moyenne. Celles-ci doivent alors verser une contribution en fonction de leurs salaires. En 1936, Léo Lagrange est à la tête du premier Secrétariat aux loisirs et aux sports. En 1937, le personnel encadrant reçoit une formation. Il en est de même pour les directeurs dès l'année suivante. Après la Seconde Guerre mondiale, les colonies de vacances affichent une volonté de solidarité envers les victimes de la guerre. L'État occupe un rôle de plus en plus important dans ce domaine. C'est ainsi qu'est créé le Centre d'Entraînement aux Méthodes d'Education Actives (CEMEA). Dans les années 1960, les colonies de vacances évoluent à nouveau : elles contribuent à rendre les loisirs plus accessibles. C'est la conséquence de l'introduction du scoutisme en France à partir de 1909 mis au point par l'Anglais Baden Powell.
On parle alors plutôt de « camps » que de « colonies » de vacances et la pratiques de sports variés succède à la vocation médicale. La durée des séjours diminue passant de six semaines à deux ou trois ; en revanche, toutes les périodes de vacances offrent la possibilité de participer à un camp. Ces dernières années, les camps de vacances sont marqués par le fait que l'encadrement des enfants se fait non plus par des bénévoles, mais par des professionnels : en effet, le « diplôme national de moniteur et de directeur » date de 1954. D'autre part, la variété des activités doit être toujours plus grande tandis que des groupes moins nombreux deviennent un « critère de qualité ». Dans les années 1980, les « colonies » de vacances sont déjà appelées « centres » de vacances depuis quelques années. Confrontées à une diminution de la fréquentation, elles ont dû s'adapter et renouveler leurs formules. Ainsi, aujourd'hui, les centres de vacances dits « à thèmes » se sont développés : ils donnent accès à des séjours plus ou moins longs, avec ou sans hébergement et avec un objectif pédagogique (sensibilisation à l'écologie et à la nature ou bien encore aux manipulations scientifiques et techniques...), sans compter les activités culturelles et sportives. La formule des centres de vacances propre au secteur du temps libre a son pendant dans celle des « centres de loisirs plus adéquats pour le « loisir quotidien de proximité ».

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