Le lac Bam se situe au centre du Burkina Faso, dans la province du même nom, une centaine de kilomètres au nord de Ouagadougou, en limite de la zone sahélienne. Il alimente le fleuve Nakambe, ancienne Volta blanche, qui traverse le pays du nord au sud, mais ne coule que durant la saison des pluies, de juin à octobre. Le lac s’étend sur 45 km en hivernage contre une vingtaine seulement en saison sèche. Il s’agit néanmoins de la plus importante réserve d’eau douce du pays. Le plan d’eau, essentiel pour l’économie de la région, est menacé par l’envasement. Il a déjà perdu le tiers de sa profondeur depuis 25 ans, et pourrait s’assécher complètement d’ici une vingtaine d’années. Sur le pourtour du lac, les terres sont exploitées en saison pluvieuse pour les cultures vivrières (mil, sorgho), et en saison sèche pour les cultures maraîchères. Kongoussi, chef-lieu de la province du Bam, est appelé « la capitale du haricot vert ». Mais les techniques employées, trop près des rives, seraient responsable du dépôt de 13 millions de mètres cubes de boue chaque année. La vie du lac est menacée par cette exploitation intensive qui a entraîné le déboisement de ses berges. Aujourd’hui, sans la flore comme protecteur naturel, il inonde à chaque saison des pluies les champs et les villages riverains. Les ressources de la pêche sont également en déclin rapide, à cause d’un usage inapproprié des produits agricoles. Les solutions envisagées, récurage annuel ou rehaussement des rives, sont toutes très coûteuses, mais des projets doivent être menés avec l’aide internationale.