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VOYAGES (AVANT-GUERRE)

VOYAGES GEOGRAPHIQUES ET SCIENTIFIQUES

VOYAGES EN ASIE ET EN AFRIQUE

Voyages en Asie et en Afrique,
par Ibn Batoutah (XIVème siècle).

Indonésie

Le grand voyageur que fut Ibn Batoutah, un des plus intrépides du moyen âge, n’a pas rédigé lui-même la relation de ses vingt-huit années de voyages en Europe, en Asie et en Afrique. Ibn-Djozay, qui a écrit le récit des souvenirs d’Ibn Batoutah, n’y a pas seulement rapporté des descriptions intéressantes, de curieuses peintures de mœurs et de bons détails sur l’industrie et le commerce des pays visités au cours de ses voyages ; il y a consigné aussi des récits de voyages qui témoignent de la grande crédulité et de l’absence d’esprit d’observation et de sens critique d’Ibn Batoutah. Mais ce récit de voyages témoigne des mœurs, des idées et de la pensée des Arabes du VIIIème siècle, de l’hégire et constitue un intéressant monument de la science géographique de ces mêmes Arabes à l’époque. Defrémery et le docteur Sanguinetti ont publié le texte original, avec une traduction française intégrale, de 1853 à 1859.

Voyages en Amérique et en Asie (1809-1825 et 1843-1848),
par Alex. de Humboldt.

USA-Monument Valley

De ces voyages, le plus important est le premier voyage, exécuté de 1799 à 1804 en compagnie de Bonpland, à travers toutes les colonies espagnoles de l’Amérique centrale et méridionale. Il a fait époque à cause de la quantité de documents scientifiques recueillis par les deux savants et de la manière dont, dans ses travaux, Humboldt a mis ensuite en lumière les étroits rapports de la géographie avec les sciences physiques et naturelles. Les résultats obtenus au cours de ces explorations ont été exposés dans différents ouvrages écrits soit en français soit en latin, auxquels collaborèrent nombre de savants de valeur. En voici la liste : voyages aux régions équinoxiales du nouveau continent (1809-1825), vues des Cordillères et Monuments des peuples indigènes de l’Amérique (1810-1816) ; recueil d’observations de zoologie et d’anatomie comparées (1805-1832) ; essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne (1811), Recueil d’observations astronomiques.. (1808-1810) ; Physique générale et Géologie (1807) ; Essai sur la géographie des plantes (1805).

Voyage en Abyssinie,
par James Bruce (1790).

Si le jésuite portugais Jérôme Paez a vu le premier les sources du Nil Bleu, c’est James Bruce qui, après les avoir revues au cours du voyage exécuté par lui en Ethiopie, à Gondar, à Axoum, de 1768 à 1772, en a fait entrer la connaissance dans la géographie positive. C’est un auteur plein de vanité, que le caractère de certains épisodes de sa relation et son style emphatique ont fait taxer d’inexactitude et même de mensonge, mais dont, toutefois, la conscience et la véracité sont entières, et qui s’est trompé de bonne foi en prenant les « claires fontaines » des sources du Nil Bleu pour les vraies sources du Nil. Son récit de voyages a été traduit en français par J.Castéra (1790-1791).

Kenya

Voyages dans l’intérieur de l’Afrique,
par Mungo-Park (1799 et 1815).

Mungo-Park est l’explorateur du Niger ; ses récits de voyages contiennent donc une foule de renseignements sur les pays du Niger à l’époque où il a effectué des voyages : sur les sources du Sénégal, de la Gambie et du Niger, ainsi que le cours supérieur du grand fleuve, reconnu par lui durant son voyage de 1795-1797, et sur son cours moyen, descendu par lui jusqu’à Boussa pendant le voyage que termina sa mort. Pour la connaissance de l’Afrique occidentale au début du XIXème siècle, ce sont là des documents de premier ordre, grâce aux observations exactes et aux renseignements précis du voyageur sur les pays traversés par lui, et sur les peuples avec lesquels il a été en relation.

VOYAGES AUX INDES

Inde

Voyage des français aux Indes orientales,
par Pyrard de Laval (1611 et 1615).

François Pyrard, de Laval, donne dans ce récit de voyages une description très exacte des îles Maldives où il séjourna après le naufrage de son navire, et fournit sur les autres pays visités par lui durant son voyage dans l’Inde de 1604 à 1611, des renseignements exacts et précis, qu’il complète dans une sorte d’appendice scientifique : une description méthodique des animaux et des végétaux des Indes orientales, suivie d’un vocabulaire des mots les plus usuels de la langue maldive. Publié d’abord sous une forme très concise, dès le retour de l’auteur en France, le récit de voyages de Pyrard de Laval a été réimprimé de façon beaucoup plus développée dès 1615 ; son grand succès a fait reproduire cette nouvelle édition encore en 1679.

Voyages de Bernier (1699) ,

le voyageur, qui demeura dix années aux indes et fut pendant huit de ces années le médecin d’Aurangzeb, a relaté avec soin dans cet ouvrage tous les évènements dont il fut le témoin durant ses voyages. Il a traversé les provinces de l’empire du Grand Mogol, avec les armées d’Aurangzeb et pénétré jusque dans le Cachemire, qu’il fut le premier Européen à visiter, et sur lequel il fournit des précieuses informations. Aussi se reporte-t-on encore avec fruit à ces récits de voyages qui obtinrent, lors de leur publication, un grand succès.

VOYAGES AUX TERRES AUSTRALES

Voyages de Kerguelen dans les mers du Nord et dans les mers australes
(1711 et 1782).

Océanie

Les deux volumes de Kerguelen contiennent la relation de quatre voyages différents, dont les deux premiers voyages ont pour objet d’encourager et de protéger la pêche à la morue dans les parages de l’Islande en 1767 et en 1768, ces voyages ont mené l’auteur jusqu’au 69ème degré de l’altitude nord. Les deux derniers voyages de Kerguelen ne sont pas seulement intéressants au double point de vue nautique et économique ; entrepris pour « tâcher de trouver quelques terres dans l’espace immense qui environne le pôle Sud », ces voyages ont abouti (dès 1771-1772) à la découverte de l’archipel de Kerguelen et montré à leur découvreur (en 1773-1774) que cette France australe n’était qu’un groupe insulaire déshérité, ce que Cook a confirmé en 1776. Mais Kerguelen n’a pas pu déterminer alors si la Terre de Kerguelen vue par lui lors de ses voyages était une île ou une pointe vers le nord de ce continent austral à l’existence duquel tant de géographes et de marins croyaient encore au XVIIIème siècle.

Voyages aux terres australes,
par Flinders et Bass (1814).

On trouve groupés dans ce volume les récits des voyages qui ont fixé les contours des rivages méridionaux de l’Australie. C’est d’abord la démonstration de l’insularité de la Tasmanie ; en 1798-1799, Flinders et Bass ont fait le tour complet de cette île, au nord de laquelle Bass avait constaté, dès 1798, l’existence du détroit qui porte son nom. De 1801 à 1803, Flinders continua son œuvre en explorant les côtes sud-occidentales de l’Australie, qui portait encore le nom de « nouvelle Hollande » puis il reconnut, au nord de ce petit continent, le détroit de Torrès et le golfe de Carpentarie. La conséquence de cette publication et des âpres revendications de Flinders contre Baudin a été la suppression totale de toute toponymie française sur les côtes occidentales reconnues par lui à la même époque que le marin anglais.

Voyage de découvertes aux terres australes,
par Péron (1811-1816).

Désert Australien

Le titre de cet ouvrage, inspiré par le souvenir du prétendu continent austral auquel on a cru pendant si longtemps, n’indique pas exactement quel en est le sujet. Le médecin naturaliste Péron, embarqué sur le Géographe en 1800, raconte dans ce récit de voyages officiel l’histoire de la très importante expédition dirigée par le capitaine Baudin dans les parties de l’océan Pacifique situées au sud de l’Equateur, en particulier au long des côtes de l’Australie ; il indique l’itinéraire du Naturaliste et du Géographe, les deux navires de Baudin, en Océanie, et décrit les très importantes et très neuves collections rapportées du voyage par les naturalistes de l’expédition, Lesueur et Péron lui-même. Au point de vue de l’histoire de la géographie, il faut rapprocher l’ouvrage de Péron de celui dans lequel Flinders revendique la priorité de la découverte.

VOYAGES DANS LE PACIFIQUE

Voyage de découverte au nord de l’océan Pacifique,
par Vancouver (1798).

C’est la relation, pleine de faits précis, et soigneusement observés, des reconnaissances accomplies par Vancouver de 1791 à 1795 au long de la côte américaine de l’océan Pacifique, du 30ème au 66ème degré de latitude nord, depuis le cap Mendocino jusqu’au port de Conclusion, dans le but de reconnaître s’il existait une mer intérieure s’ouvrant sur le Pacifique ou des canaux de communication entre les deux océans Pacifique et Atlantique. Vancouver, élève de Cook qu’il avait accompagné dans ses second et troisième voyages, s’est montré, au cours de cette minutieuse exploration , le digne émule du grand navigateur et a fait une remarquable étude, très minutieuse, des innombrables découpures, des canaux libres et semés d’écueils qui dentellent cette partie des rivages du Nouveau Monde, sans négliger d’observer les tribus indigènes qu’il a visitées, les établissements russes, les postes militaires, les missions fondées par les Espagnols sur la côte de Californie.

VOYAGES EN FRANCE AU FIN DU 18È SIÈCLE

Voyages en France pendant les années 1787-1788 et 1789,
par Arthur Young (Londres, 1792-1793).

La grande réputation dont jouissent en France les Voyages d’Arthur Young n’a rien d’usurpé ; on y trouve en effet un tableau d’ensemble, de ce qu’était notre pays à la veille de la Révolution. L’auteur, quand il décrit ses voyages dans les diverses parties de la France dans les dernières années de l’ancien régime, a su voir et observer, et le journal proprement dit de ses trois voyages est plein de renseignements utiles sur les personnes et sur les choses, sur l’aspect des pays parcourus, les villes, les routes, les campagnes, sur les mœurs et l’esprit de la société française, etc. Dans la seconde partie sont développées des considérations générales, parfois contestables d’ailleurs, sur l’état de l’agriculture en France. Enfin une troisième partie contient, sur la Révolution française, des observations suggérées à l’auteur par un nouveau voyage fait dans notre pays à la veille de la publication de son ouvrage. Celui-ci doit être lu dans l’excellente traduction, complète et critique, qu’en a donnée Henri Sée en 1931 pour les « classiques de la Révolution française » ; aucune des deux traductions antérieures de Doulès (1793-1794) et de Le Sage (1860) n’est aussi scrupuleuse ni intégrale.

VOYAGES EN EUROPE

Grèce

Voyage classique et topographique en Grèce,
par Ed.Dowell (Londres, 1809).

Exécuté en 1801, 1805 et 1806, dans la plus grande partie de la Grèce continentale, ce voyage reste surtout précieux par la collection des grands et magnifiques dessins dont le récit de voyages est accompagné.

Voyage au mont Caucase et en Géorgie,
par Klaproth (Halle, 1812-1814).

C’est après avoir accompagné jusqu’à la frontière chinoise un ambassadeur russe en 1805-1806, que Klaproth fut envoyé au Caucase par l’académie des sciences de Saint-Pétersbourg. Il étudia le pays en 1808 au quadruple point de vue physique, ethnographique, linguistique, et historique. Rentré en janvier 1809, il rédigea ce récit de voyages qui contenait, au temps où il parut une foule de renseignements nouveaux et précis, mais mal classés et mal présentés. Aujourd’hui, la valeur de cet ouvrage est d’ordre purement historique.

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